Entretien avec Stéphanie Haffner, présidente du conseil presbytéral (CP) à Périgueux.
Comment envisagez-vous la collégialité au sein du CP ?
Je l’expérimente sous l’angle de l’animation et du travail en équipe ; chacun apporte ses compétences. Je pars du principe que si j’ai toujours quelque chose à partager ou à transmettre, j’ai aussi beaucoup à apprendre.
La collégialité est à la fois la force de notre Église et sa faiblesse. Les difficultés sont classiques au CP :
Il faut le temps de discerner un besoin, de réfléchir à un projet, de le mettre en œuvre… Le temps nous manque pour travailler, discuter, approfondir collégialement des questions bien trop nombreuses.
Le conseil a parfois des décisions à prendre dans des domaines où au fond nous n’avons pas, ou si peu, de compétences. Il y a une grande pudeur à demander de l’aide ou des conseils, souvent par peur de paraître idiot, alors que c’est en fait une grande force.
La collégialité est difficile en raison du manque d’expérience de ce mode de fonctionnement, car certains conseillers ne sentent pas légitimes pour intervenir.
Il est aussi difficile de trouver l’équilibre entre cette collégialité et le fait que trésorier et président puissent avoir une responsabilité différente et aient à trancher à un moment donné.
Est-ce que la collégialité s’apprend ?
Oui, je pense que cela s’apprend. Mais en tout premier lieu, cela se décide. Celui qui « dirige » la séance du CP doit instaurer quelques règles simples de respect et fraternité : chacun parle à tour de rôle, et chacun parle en « je ». On est aussi vigilants à la façon dont on se place autour de la table.
Au moins une fois par an, et plus si nécessaire, la première partie de séance sert à prendre de nos nouvelles. Sur le principe du tour de table, chacun pourra parler de ses joies, de ses peines, ses difficultés, ses griefs, exprimer ses souhaits, une demande d’aide… dans sa vie personnelle comme dans sa vie de conseiller.
Comment animer le CP ?
Idéalement, l’ordre du jour du CP est envoyé suffisamment à l’avance et est suffisamment détaillé pour que chacun ait le temps de lire les documents, de se faire une opinion. J’y inclus autant de questions que possible.
Ensuite, pendant le conseil, sur chaque point, il faut fonctionner avec le « tour de table ». Chacun donne son avis sur la question posée avec ses arguments pour et contre, ses doutes, sans que les autres interviennent ou réagissent. Puis ce tour de table est suivi par un débat, un temps d’échange qui nous permet le plus souvent d’arriver à un consensus ; parfois, un vote est nécessaire.
Exemple d’ordre du jour du CP qui favorise la collégialité car chacun est appelé à répondre aux questions posées.
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4. Lire la Bible Quelles sont les actions que nous pourrions mettre en place ? |